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À la recherche de l'autre, à la recherche de soi. | ft. Line Esppé |
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Métier : Vagabond

Jeu 8 Déc 2016 - 22:28



À la recherche de l'autre, à la recherche de soi.
ft. Line Esppé

Symphonis.
Capitale de la belle et jeune région de Capella.
J’y suis enfin.
Tout autour de moi, d’immenses bâtiments s’élèvent.
J’aime bien les grandes villes. C’est facile d’y être anonyme. Mais du coup, ça me complique la tâche.
L’homme que je recherche peut se dissimuler aussi facilement que moi, voire même un peu plus, il fait ça depuis bien plus longtemps.
Je crois que cette traque l’amuse. Qu’il joue avec moi.
Sinon, pourquoi m’aurait-il lui-même contacté pour me dire qu’il se trouvait maintenant à Capella ?
Je ne sais pas depuis quand il sait que je le cherche. Depuis le début, sans doute.
Mais je crois que le plus… Déstabilisant est qu’il savait où me trouver.
Il doit obligatoirement recevoir de l’aide.
Il veut que je le trouve.
Et je le trouverai.
Ne t’en fais pas, Lyo Buredo.
Un sourire se peint sur mes lèvres.
Honnêtement, après tout ce temps à parcourir le monde à sa recherche, il m’arrive parfois d’oublier s’il s’agit d’un jeu, d’une traque meurtrière, ou si je ne poursuis pas simplement un mirage.

Je ne sais pas ce que je ferai, quand je le trouverai, en fait.
Puis je secoue la tête et décide de penser à autre chose. Je n’y suis pas encore.

Si je suis sûr de mon intuition comme quoi tout ceci n’est qu’un jeu pour lui, il me reste à savoir à quel jeu de piste il veut s’adonner.
Après tout, c’est bien lui qui m’a amené dans cette région.

Je déambule dans les rues de Symphonis, repérant les lieux en cas d’éventuelle escapade - ce qui pourrait arriver – et atterrit finalement dans un square peu fréquenté, en périphérie du centre-ville.
Je remarque alors des affiches de recherches. Un coup d’œil m’indique qu’une personne est portée disparue, rien qui ne m’intéresse ni ne me concerne, en soi. Après tout, Symphonis a beau être une jeune ville, elle n’en est pas moins en pleine expansion et de plus en plus attractive. Ce qui inclut son lot d’organisations louches, vols, meurtres, et j’en passe.
Un climat sain et agréable, quoi.

Au milieu du square, un vieux Centre pokémon désaffecté. Vitres cassées, porte enfoncée, ce doit être un repère pour les jeunes adolescents rebelles du quartier… Ou les vagabonds de mon genre.
Après tout le toit à l’air de tenir, ça fera un bon abri.
Il faut que j’essaie de retrouver cet endroit ce soir.
Alors que je commence à repartir sur mes pas pour reprendre mes recherches vers des lieux plus fréquentés de la ville, j’entends un bruit étrange provenant de l’obscurité du Centre abandonné.
Je m’arrête : le cliché des mauvaises surprises que les gens rencontrent en allant fouiller dans ses moments-là.
Mais je ne suis pas ces « gens ». Et la curiosité est un de mes défauts.
Emily lève les yeux vers moi et doit comprendre ma décision, car elle soupire en sortant de ma poche.

« Juste un coup d’œil, Lili. On n’y reste pas longtemps, promis. Et puis, mieux vaut vérifier maintenant tant qu’il fait jour plutôt que d’y aller de nuit. Non ? »

Elle soupire.

Deux minutes plus tard, nous somme dans ce qui fut l’accueil du Centre.
Tout est renversé, les tables sont cassées, dispersées aux quatre coins de la pièce et des graffitis recouvrent les murs.
J’avais vu juste, c’est un simple repère de jeunes, je n’ai pas de raison de m’inquiéter.
Comme pour me contredire, une porte au fond de la pièce grince soudainement. Drôle de coïncidence.
Emily semble désespérée.

« Dans le pire des cas, il s’agira d’un simple pokémon farceur, et on en aura vite fait notre affaire. Mais je préfère m’en occuper maintenant. Tu comprends ? »

Son regard blasé pour seule réponse, je m’approche de la source du bruit.
La lumière du jour n’éclaire que difficilement à partir d’ici, je sors donc une lampe de poche et éclaire l’entrée qui s’offre à moi.
Tenant difficilement sur ses gonds, la porte entrouverte donne accès à des escaliers s’enfonçant dans les ténèbres.
J’écarte ce vieux morceau de bois branlant pour passer, et la poignée me reste dans la main.
Allons bon, ce n’est même plus désaffecté, c’est carrément en ruines.

Le bruit de mes pas résonne autour de mois alors que je descends les marches une à une, ma lampe éclairant difficilement l’obscurité.
Je n’ai jamais aimé les lieux confinés, alors autant dire que cet escalier ne m’est absolument pas agréable.
Après une descente qui me parait interminable, j’arrive dans un petit couloir au bout duquel se trouve encore… Au bout duquel il se devait se trouver une porte. Maintenant ce n’est plus qu’un trou noir béant, menant vers toujours plus de ténèbres.
Sur mon épaule, Emily se fait plus petite, se collant contre mon cou.
Je ne suis pas non plus rassuré.
Quelque chose ne tourne pas rond, mon assurance de tout à l’heure se fait moins présente.
L’air s’est rafraîchit, ce qui est normal, nous sommes sous terre, mais… L’atmosphère environnante est étrange. Comme… Moite.
Une étrange odeur me monte à la gorge. Comme une odeur de moisi, mais en plus… Désagréable. Et beaucoup plus fort.
Un côté de moi me crie de partir, de saisir ma chance. Et l’autre, maladivement curieuse et inconsciente, me supplie d’avancer.
J’hésite vaguement, puis avance lentement, pas après pas.
Ma respiration emplit tout l’espace sonore.
Une expiration, un pas en avant.
Une inspiration, un autre pas.
J’observe autour de moi.
Quelques machines éparpillées et cassées tapissent le sol, mais la plupart ont dû être enlevées quand le Centre a été fermé.
Une respiration, j’avance.
Le cycle se répète. Je bouge méthodiquement pour essayer de rester calme.
Lumière à droite, lumière à gauche, j’observe autour de moi.
Une respiration, j’avance.
Une respiration, j’avance encore un peu vers le fond de la pièce que je ne distingue toujours pas.
Une respiration, un pas de plus.
Deux respirations, je fais un pas de…
Je m’arrête.
Deux respirations.
Un frisson remonte le long de mon dos alors que je lève la lampe en face de moi, les doigts crispés sur la poignée.

« Oh merde. Merde. Merde. »

Les bras attachés à deux chaînes fixées au mur du fond, les genoux trainant par terre, un corps se tiens devant moi.
Je fais un pas en arrière, remontant le col devant mon visage.

«Qu’est-ce que… »

Une autre respiration qui n’est pas la mienne. Je regarde le corps.
Ce n’est pas vraiment une respiration, mais plutôt un râle.
Il n’est pas mort. Pourtant…
La poitrine lacérée de trois grandes et profondes griffures, il est couvert de sang, la tête penchée.

« Vous… Vous m’entendez ? Vous êtes… Vivant ? »

Je crois qu’il essaie de me répondre, ou en tout cas il produit un son. Lentement, un pas après l’autre, je m’approche de l’homme.
Plus je m’approche, plus les taillades me semblent profondes. Je grimace.

« Il… »

Je m’arrête.

« Il a fait… Exprès. »

« Exprès de ? Qui ça ? »

Je m’accroupis à sa hauteur, n’osant pas le toucher.

« De ne pas… Me tuer… Il savait… Que tu viendrais… »

L’homme tousse faiblement, recrachant quelques caillots de sang.

« Creshendia… »

« Creshendia ? »

« Oui… Il… Il a dit t’attendre là-bas… Que tu… devais le trouver… Tu dois… Te dépêcher… Si tu es trop… Lent, d’autres en pâtiront… »

Je déglutis. Je crois connaitre la réponse à ma question, mais j’ai l’espoir de me tromper.

« Qui ? Qui ça ? Qui m’attends ? »

« Lui… Celui que tu… Cherches. L’homme… L’homme au Dimoret… »

Mon rythme cardiaque s’accélère soudainement. Un mélange de peur et… d’excitation ? Je suis à nouveau sur sa piste. Mais je ne suis qu’un jouet, une simple distraction. Comment a-t-il su que j’arriverai ici ? Comment…

« Il a aussi… »

Je lève la tête. Il a quoi ?

« Il a aussi dit… Qu’il te laisserai… Un cadeau… »

Un cadeau ? Qu’est-ce que…
Un bruit dans mon dos. Une planche de bois qui se renverse.
Je ne réfléchis pas, attrape Emily dans ma main et me jette sur le côté.

Un bruit. Le béton du sol qui explose.
Si j’avais réagi une seconde plus tard, ce n’est pas le béton qui explosait, mais moi.
La poussière retombe.

Deux yeux rouges, une paire de canines. Et des griffes aussi longues que mon avant-bras.
Dimoret me regarde avec un sourire carnassier qui me glace le sang.
Emily s’agite dans ma main, mais je la maintiens. Elle n’est pas de taille, loin de là.

La bête me fixe quelques secondes de plus.
Lève son bras, regarde ses griffes, affiche un sourire malsain. Elle se relève, dévoile ses canines, et tend vivement son bras vers l’homme, ses griffes le transperçant et claquant contre le mur.

Je détourne le regard alors que le Dimoret sourit de plus belle.
L’homme pousse un râle et son corps se relâche.
Je suis pris d’un haut le cœur alors que le monstre s’écarte calmement.
Puis il disparait, trop rapidement pour que je le suive du regard.

Je relâche Emily, puis me redresse lentement, le corps tremblant.
Je regarde le cadavre du coin de l’œil.
Si tu es trop lent, d’autres en pâtiront.
Je crois avoir compris ce qu’il voulait dire par là.

M’appuyant contre le mur, je commence à me diriger vers la sortie, suivie d’Emily qui me vole autour pour s’assurer que je vais bien.

« Mi… ? »

Je me retourne vivement, sur le qui-vive, et éclaire le coin de la pièce d’où provient le bruit.

« Mi… ? »

Une petite créature que je n’avais pas remarqué durant tout ce temps s’approche du cadavre.

Dodelinant, la tête penchée un peu en arrière, une sorte de peluche se colle au cadavre.
C’est un pokémon ?
Il me dit quelque chose, mais… Il est rare d’en trouver en dehors de sa région natale.

« Mimi… ! »

Un Mimikyu. Et vu son comportement, il me semble évident qu’il appartenait à l’homme.

« Kyu… ? »

Il me fait de la peine…
Je m’approche doucement de lui.
Il se frotte contre le cadavre, comme pour le faire bouger, le faire réagir. Et j’ai l’impression… Qu’il pleure.
Je m’accroupis, me tenant à quelques pas de lui.

« Petit ? »

Il se retourne lentement, comme s’il ne prenait conscience de ma présence que maintenant.

« Mimi… ! »

La tête de la peluche se secoue vivement, et il prend une posture plus menaçante. L’ombre sous son costume commence à s’étendre vers moi.

« Non ! Non, écoute ! C’est pas moi ! C’est pas… Moi qui l’ai tué ! »

Il a un instant d’hésitation, l’ombre tremblotte.

« Celui qui l’a tué… Qui a tué ton dresseur… Je le recherche aussi. Il m’a fait du mal à moi aussi. Tu n’as pas à avoir peur de moi. »

Je lève les mains et me relève doucement pour qu’il voie que je ne cache rien.
Emily flotte jusqu’à lui.
Ils se tiennent face à face.
Je ne sais pas trop s’ils communiquent d’un moyen ou l’autre, mais…
Quand Lili revient, le Mimikyu lève ses yeux brodés vers moi, la fausse tête du pikachu lui donnant un air innocent.

« Mi. »

Je ne sais pas vraiment ce qu’il veut, alors je recule d’un peu, comme pour partir.

« Mi ! »
« Poliiii ! »

Le Mimikyu vient se taper contre ma jambe et Emily se secoue devant ma tête, couinant à répétition. Comme si je la comprenais. J’aimerai bien.
Mais bon, leur attitude est assez explicite.
Je me penche vers la petite créature.

« Tu veux venir avec moi ? »

La peluche me regarde et piaille en secouant sa tête.

« Mais, tu sais… Je passe mon temps à vadrouiller ? Je cherche le Dimoret et son maître, mais… Je sais pas quand je le trouverai, ni même comment. Ce n’est même pas sûr que j’arrive à l’arrêter. Ni même que je le trouve, tout simplement ! »

« Mi, mi ! »

Il tape sa fausse tête contre ma jambe.
Je le prend entre mes mains.

« Donc. Tu acceptes que je deviennes ton nouveau dresseur ? »

La petite créature regarde derrière elle, le corps enchaîné. Se retourne vers moi, puis m’observe longuement, me jaugeant.

« Mi. »

« Tu acceptes que je te donne un… Nouveau nom ? »

Les yeux de la petite peluche vivante me font mal au cœur.
Il acquiesce.

« Alors… Que dirais-tu de… Hum… Jigsaw ? »

Le mimikyu réfléchit un instant puis hoche de sa tête bringuebalante.

*****

Le jour suivant, après avoir pris une nuit de repos dans un Centre pokémon du centre ville malgré mon appréhension, j’étudie sur une petite carte l’itinéraire à suivre.
Finalement, j’opte pour la route qui me fera faire escale à Gavotte-Ville.
Direction la Route 3.

Accompagné d’Emily et Jigsaw qui a pris place sur mon épaule, sa tête dodelinant alors qu’il se repose, je traverse la ville, regardant tout le temps autour de moi, essayant de repérer un éventuel suivant, quelqu’un qui pourrait travailler à la solde de la Lame.
Je dois aussi partir de cette ville rapidement, dans tous les cas. Le cadavre de l’homme finira bien par être découvert et, sachant que les forces de l’ordre y découvriront sans doute mes empreintes, je ne tiens pas à rester dans les parages pour devenir le suspect numéro un.

Je regarde le panneau de sortie de la ville avec une certaine appréhension.
Je m’élance encore dans l’inconnu à la recherche d’un mirage dangereux et meurtrier.
Je soupire, puis regarde mes deux compagnons. Ces deux petites créatures ont perdu leurs dresseurs respectifs à cause de cet homme.
J’ai perdu ma famille.
J’expire un bon coup, me redresse et reprend contenance.
Je n’abandonnerai pas.

Je m’élance donc, aveuglément, essayant de ne pas réfléchir à ce qui m’attend
Ce n’est qu’après presque une heure de marche sur la route, vagabondant dans mes pensées, que je l’aperçois, assise au bord du fossé, un petit Zorua courant un peu plus loin.
Je m’approche, intrigué.
Recroquevillée sur elle-même, la jambe repliée, dos à la route, la jeune femme ne semble pas en bon état. Plus je suis près, plus je me dis qu’elle doit être blessée pour une raison ou une autre.
Les bras autour de sa jambe, la tête reposant sur son genou, ses longs cheveux bruns encadrent ses traits fins.
Je toussote doucement pour indiquer ma présence.
Un Tritox allongé à ses côtés relève soudainement la tête, me toisant du regard.

« Euh… Salut. T’as un problème ? »

J’essaie d’afficher un sourire avenant pour ne pas l’effrayer.
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Ven 9 Déc 2016 - 14:08


A la recherche de l'autre,
à la recherche de soi.
Ft. Ezhyo Eileen.
Quelle crétine !
Elle empire…
J’ai mal…
De plus en plus…
Maudite jambe…
Pourquoi je n’ai pas pensé à la soigner ? Surtout quand j’étais encore au poste ?
Je me suis précipitée sur cette route, tellement excitée de connaitre ma prochaine destination que j’en ai oublié mon état.
Ma blessure s’est chargée de m’en rappeler.
Au bout de quelques temps de marche, bien que lente, j’ai recommencé à m’essouffler rapidement et ma jambe s’est remise à pulser sous mon jean.
Exténuée, j’ai été obligée de m’arrêter.
Me voici alors assise à même le sol, et la douleur ne diminue pas pour autant. J’ai même l’impression qu’elle ne fait qu’augmenter en intensité.
J’ai bien essayé de ne pas m’en préoccuper mais je n’ai malheureusement pas réussi.
Le mal augmente, envahit toute ma jambe, remonte jusqu’à ma hanche.
J’ai beau serré les dents, fermé les yeux, rien ne passe.

« Maudite jambe… »

Je tente désespérément de me concentrer sur Saphir.
Il gambade aux alentours, bien que je le rappelle souvent à l’ordre afin qu’il ne s’éloigne pas trop de moi.
Il s’est bien vite remis de cette rencontre. Avec ce cinglé aux yeux jaunes.
Chanceux.
Le lézard bizarre qui désormais nous accompagne reste calme pour sa part.
J’ai décidé de le faire sortir de sa pokéball, au même titre que Saphir.
Actuellement, Copper dort à côté de moi, la tête entre ses pattes avant, bien peu dérangé par les quelques bruits alentours, qui bruissent à travers les quelques arbres bordant la route.
Je siffle une nouvelle fois Saphir, afin qu’il revienne auprès de nous.
Celui-ci commence doucement à s’habituer à la présence de notre nouveau compagnon de route. Il vient souvent le renifler, tente de temps à autres de le mordre. Je le rappelle à l’ordre à chaque fois.
Mais ce qui amuse le plus mon petit Zorua, c’est lorsqu’il essaye de prendre l’apparence du Tritox. Et il faut avouer qu’il ne se débrouille pas trop mal.
Mais ce petit jeu ne marche pas avec moi. Je reconnaitrais Saphir entre mille.
Ce dernier revient près de Cooper et moi.
Il renifle le lézard, grésille un peu et l’illusion prend forme.
Me voilà affublée de deux Tritox qui se regardent, l’un fier de lui, l’autre plutôt agacé de ce comportement.
Je vois d’ailleurs ce dernier lever les yeux au ciel avant de remettre son museau entre ses pattes.
Puis Saphir éternue et le voici redevenu un Zorua à la mèche bleue.
Il couine vers moi, comme pour me demander de me relever.
Je soupire.

« J’ai mal, mon grand… Désolée, on ne repartira pas de si tôt… »

Il baisse tristement le regard et me fait ses petits yeux déçus, comme à chaque fois qu’il veut me convaincre de faire quelque chose.
Et la plupart du temps, cette technique de fourbe marche bien.

« Mais je peux pas me lever, là… A quoi bon courir si on ne peut aller nulle part ? »

Pour le coup, il va devoir attendre.
La douleur s’amplifie encore. Je grogne légèrement en la sentant remonter le long de ma jambe et j’enlace cette dernière contre moi avant d’y poser ma tête.
Je suis exténuée.
Je ferme les yeux quelques instant et sens le sommeil m’envahir instantanément.
Mon esprit tourne lentement derrière mes paupières closes alors que je me laisse doucement tomber dans les limbes rassurants des rêves.
Mais rapidement, des yeux jaunes me fixent à travers l’obscurité.
Leur propriétaire m’apparait enfin mais change constamment de visage devant moi.
Etait-il blond ou roux ?
Petit ou grand ?
Mince ou enrobé ?
A moins que ses cheveux soient noirs… Ou brun.
Il ne fait que grésiller sous mes yeux, se modifiant sans cesse au gré de mes divagations que je sais malheureusement trop nombreuses.
Une toux légère me sort de ce cauchemar.
Je sursaute en réprimant difficilement un cri de terreur.

« Euh… Salut. T’as un problème ? »

Je lève des yeux agités vers le jeune homme qui me parle.
A contre-jour, je ne l’aperçois pas immédiatement. En revanche, sur la silhouette noire qu’il dessine alors, j’en remarque deux autres, perchées sur ses épaules. Mais je n’arrive pas les identifier à cause de la lumière.
En revanche, je vois que c’est encore quelqu’un de grand, mais, à cause de ma position lamentable, je me sens carrément écrasée.
Je m’habitue enfin peu à peu au soleil si bien que je commence à saisir certains détails de son visage.
Des yeux rouges qui, étrangement, me rassurent.
Une peau très, voir trop, pâle.
Des cheveux blancs.
Et un sourire essayant d’être chaleureux s’étalant sur sa face.

« Vous êtes albinos ? »


Merde.
Est-ce que j’ai vraiment pensé à voix haute ?
Quelle cruche.

« Euh… Enfin… Je veux dire… C’est la première fois que je rencontre quelqu’un comme vous… Pour le coup, j’en suis quasiment sûre, vous courez pas les rues. Et du coup, ben, je me demandais… Si… Enfin, vous voyez… Enfin, je… »

Je m’enfonce lamentablement surtout.
Finalement, les joues cramoisies, je préfère baisser les yeux et reprendre Saphir dans mes bras afin de pouvoir m’occuper les mains.
C’est alors honteuse de mes paroles que je commence à triturer sa mèche bleue.
Mais rapidement, la douleur de ma jambe décide de soudainement s’échauffer, si bien que je me crispe en poussant un petit cri étouffé.
Pour une fois, je suis bien contente qu’elle se soit manifestée, elle a évité qu’un silence gênant ne s’installe entre cet homme et moi.
Je relève alors le visage vers lui, qui étrangement ne s’est pas enfuit après ce que je lui ai dit.

« Vous auriez pas des antidouleurs ou quelque chose comme ça, s’il vous plait…? Ma jambe me lance… »


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Lun 12 Déc 2016 - 11:47



A la recherche de l'autre,
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ft. Line Esppé

« Euh… Salut. T’as un problème ? »

Un silence. Je la vois me dévisager.
Ah… Oui, c’est vrai que mon apparence n’est pas des plus communes…
Le silence devient gênant, mais je n’ose pas reprendre la parole.

«Vous êtes albinos ?»


Ah. Pour le coup, on ne m’a jamais posé la question de manière aussi cash. Surtout pas avant d’avoir dit quoi que ce soit, ni même s’être présenté.
Mais sa réaction m’amuse.

«Euh… Enfin… Je veux dire… C’est la première fois que je rencontre quelqu’un comme vous… Pour le coup, j’en suis quasiment sûre, vous courez pas les rues. Et du coup, ben, je me demandais… Si… Enfin, vous voyez… Enfin, je… »

Je ne réponds pas encore.
Elle rougit, baisse les yeux et attrape son Zorua et commence à le caresser.
Celui-ci ferme les yeux et, sur le dos, s’étale pour profiter des caresses. Un gros chat.
Mais cela m’indique tout de même que la relation entre eux est saine, et donc c’est une bonne personne : J’ai bien fait de m’arrêter.

Je cherche quoi dire, car sa question m’a tout de même pris de court, et je me dis que la laisser dans son embarras serait malvenu de ma part, quand je la vois se crisper et réprimer un petit cri, la main dans la fourrure de son compagnon.
La demoiselle lève les yeux et dans son regard se lit de la douleur.

« Vous auriez pas des antidouleurs ou quelque chose comme ça, s’il vous plait… ? Ma jambe me lance… »

Je réfléchis rapidement, tout en posant mon sac pour commencer à chercher des médicaments.

« Tu es blessée quelque part ? Euh… »

Question bête, ça se lit dans ses yeux, imbécile.

« ‘Fin, parce que si la blessure est vraiment grave, peut-être que tu devrais retourner à Symphonis pour aller à l’hôpital, non ? La ville la plus proche est Gavotte Ville sinon, et elle se trouve un peu plus loin. »

Je fouille toujours dans mon sac, Emily voletant devant moi, regardant tour à tour l’inconnue et moi.
Je sais pas si elle comptait répondre, mais vu son regard douloureux, je me dis qu’elle doit être occupée à ne pas crier. J’enchaine :

« Mais… Je peux pas retourner à Symphonis à cause de… Parce que je suis pressé, mais si jamais tu te sens de tenir jusqu’à Gavotte Ville, je peux t’accompagner, si tu veux. J’aimerai pas qu’il t’arrive malheur. »

Je toussote, me rendant compte que j’ai oublié une règle fondamentale de la politesse.

« Au fait, je ne me suis pas présenté. Je m’appelle Ezhyo. »

D’un mouvement de tête, je désigne Emily puis mon nouveau compagnon.

« Elle c’est Emily, et lui sur mon épaule, c’est Jigsaw. Et toi ? »

Je trouve enfin mon bonheur, ou plutôt le sien, et lui tend un cachet d’une main, et la boite de l’autre, si jamais elle veut vérifier que je ne cherche pas à la droguer ou l’empoisonner.



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Mar 13 Déc 2016 - 20:19


A la recherche de l'autre,
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Ft. Ezhyo Eileen.
Tentant vainement de me calmer et de rester sobre, je maintiens difficilement ma jambe entre mes mains, comme si appuyer dessus aller résorber la douleur, qui désormais me ronge le mollet. Je n’ose toujours pas retrousser ma patte de mon jean, malgré le fait que je vois parfaitement que cette dernière est en bien mauvais état, affublée des traces de dents de ce Pokémon aux deux mâchoires. La pensée que je vais tout de même devoir le faire un jour ou l’autre me fait frissonner.

« Tu es blessée quelque part ? Euh… »

Non. Si je cherche des médocs, c’est pour combler le manque.
Bien sûr que oui, je suis blessée, je pensais que c’était visible. Je ferme les yeux pour me calmer. Visiblement, la douleur me fait penser des choses peu agréables, d’autant plus que ce jeune homme commence à fouiller dans son sac pour répondre à ma demande, malgré le fait que je l’aie presque insulté par mon manque évident de subtilité tout à l’heure. Par la suite, il me propose de retourner à Symphonis, lieu où se trouve l’hôpital, afin de m’y faire soigner si la blessure se trouve être vraiment trop grave. Mais je pense tout de même que mon écorchure et moi allons partir à la recherche d’un bandage et que ce sera bien suffisant. Gavotte-Ville se trouve non loin ; son centre Pokémon possède bien quelques affaires de premiers secours, le genre de matériel que j’ai bêtement oublié d’amener avec moi.

« Mais… Je peux pas retourner à Symphonis à cause de… Parce que je suis pressé, mais si jamais tu te sens de tenir jusqu’à Gavotte Ville, je peux t’accompagner, si tu veux. J’aimerai pas qu’il t’arrive malheur. »

Je relève la tête vers lui, les yeux larmoyants et le regard reconnaissant.

« Au fait, je ne me suis pas présenté. Je m’appelle Ezhyo. Elle c’est Emily, et lui sur mon épaule, c’est Jigsaw. Et toi ? »

A contre-jour, j’ai toujours autant de mal à distinguer les deux Pokémon qui l’accompagnent. Malgré tout, j’arrive à apercevoir une poupée violette haute d’à peine quelques centimètres voleter autour de moi. J’ai la furieuse envie de secouer ma main à hauteur de mon visage afin de la faire reculer mais j’évite tout de même, pensant que ce geste pourrait froisser ce jeune homme au physique et au nom peu commun. C’est cette poupée qu’il désigne comme étant Emily, et j’arrive aisément à reconnaitre un, ou une en l’occurrence, Polichombr. Quant à l’autre Pokémon sur son épaule, mon ignorance me rattrape. J’ignore à nouveau ce que c’est, bien que j’arrive à penser qu’il ne doit pas être commun.

« C’est quoi comme espèce ? »

Je désigne son épaule, sur lequel est posé un drôle de Pikachu sans pattes, dont le visage semble avoir été dessiné par un enfant en bas-âge. Puis soudainement, je me souviens de sa question. Ainsi, je lui réponds en marmonnant.

« En fait… Je m’appelle Line… »

Je n’ai jamais apprécié les présentations, car je ne sais jamais si je me présente réellement ou non. Mais j’oublie tout ces problèmes bien vite, lorsque, souriante à nouveau, je porte mon petit Zorua au niveau de mon visage pour lui coller un léger bisou sur la truffe.

« Lui, c’est Saphir. Il m’accompagne depuis toujours ! Et le lézard bizarre qui dort par terre, c’est Cooper. »

Ce dernier réagit à peine en entendant son nom, plongé dans un état léthargique proche du sommeil. Je saisis les médicaments qu’Ezhyo me tend alors, en faisant un léger mouvement de la tête en guise de remerciement. Puis, lorsque je remarque qu’il me donne carrément la boîte entière, je m’en empare, dans le but de prendre une seconde gélule. Si je dois effectivement marcher jusqu’à Gavotte-Ville, même avec son aide, autant éviter que la douleur ne revienne. Je fouine deux secondes dans mon propre sac pour en ressortir une petite bouteille d’eau d’un demi-litre, avec laquelle j’avale les antidouleurs goulument. De là, je fixe à nouveau le sol, attendant patiemment que la douleur passe, que je puisse me relever et me diriger vers Gavotte-Ville où je sais que je pourrai avoir de meilleurs soins.

« Merci pour les cachets… »

Je lui retends sa boite.

« … En fait, un Pokémon avec deux mâchoires, ça vous dit rien ? »

Je baisse alors les yeux, totalement honteuse de ne plus rien savoir depuis plus trois ans sur le monde qui m’entoure. Je me rappelle difficilement du regard que m’a lancé le policer tout à l’heure, et je crains qu’il ne commence à me lancer le même.


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